Le 25 septembre 2019

Aujourd'hui, en 2019, Khatia Buniatishvili est sans aucun doute la pianiste la plus médiatisée en France. Je ne voudrais pas m'avancer sur les autres pays, mais après quelques recherches, il semble bien que ce soit le cas pour les pays de langue anglaise également. C'est également le cas pour son pays de naissance, la Géorgie, qui vaut un véritable culte à cette artiste née en 1987 en Union Soviétique mais française aujourd'hui. Elle garde un grand ressentiment envers la Russie, qu'elle voit comme un envahisseur et une dictature et n'hésite pas qualifier son président de tyran. Elle refuse d'ailleurs de s'y rendre pour jouer du piano sous un tel régime politique.

Sur toutes les TV !

Qu'est-ce qui lui donne une telle aura médiatique ? Je dirais, pour commencer, qu'elle apprécie de passer à la télévision. Ce n'est pas le cas de tous les pianistes : certains prennent ça pour une perte de temps, d'autres sont bien trop occupés, un certain nombre encore, sont beaucoup trop timides, voire associaux pour se plier à cet exercice ! Ensuite, Khatia est une belle femme, on ne va pas se le cacher ; ça a son importance pour les caméras. La pianiste sait se mettre en valeur, sait mettre en avant sa beauté et comment le lui reprocher. Mais pour finir, et c'est là le plus important, c'est une artiste incroyable. IN-CRO-YABLE ! Son talent est immense ! Vous n'avez pas à me croire sur parole ; il suffit d'aller l'écouter sur internet. Ce ne sera jamais la même chose qu'en vrai, mais en attendant, il y a déjà de quoi tomber plusieurs fois à la renverse.

C'est aussi sur internet, sur Youtube, que l'on trouvera des émissions où elle fut invitée et des documentaires qui lui sont consacrés.

Stupéfiant



Dans ce documentaire, la chaîne publique revient sur ce qui a fait sa carrière, son enfance, la place de sa famille : sa mère, qui est aussi son agent, sa soeur, qui a des rôles multiples, partenaire de quatre mains, agent, soutien moral... La question du sexiste est largement soulevée. La pianiste soigne énormément son image, même quand elle va faire une footing dans le parc. J'apprécie particulièrement, à 7'35, le passage de la Master Class, où Mme Buniatishvili va transmettre son savoir aux jeunes pianistes du concervatoire supérieur de Paris. Comme lorsqu'elle est au piano, l'artiste est très intense, très présente, très tactile. La question politique arrivera un peu plus tard dans le documentaire.

On n'est pas couché



Dans cette émission de France 2, que je ne regarde pas personnellement, on rentre un peu dans le détail de l'intimié de Khatia Buniatishvili, qui nous livre ce qu'elle veut bien nous livrer. On peut voir à nouveau on intelligence de la situation. Ça parle fort, àa tape des mains, les questions ne volent pas toujours très haut, mais elle n'est pas mal à l'aise dans l'exercice, et comme tous les autres dans sa position, elle est là pour parler de son dernier CD, et elle l'assume et elle parle de musique.

C à vous



Une émission déjà un peu plus intéressante à mon goût où le ton est tout autre. Ici, on plaisante ; les choses sont dites avec légèreté. Ici, on entend du piano ! La franco-géorgienne est invitée à choisir au hasard les morceaux qui seront joués en public sur le piano à queue livré spécialement pour l'émission. Bon... il y en a certainement un dans les locaux mais tout de même... il faut le transporter, l'accordéon... qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour Khatia Buniatishvili. Deux ans plus tard, elle sera de nouveau sur le plateau pour une nouvelle émission, tout aussi légère.

Le Paris des Arts



Un documentaire de France 24 nettement plus intellectuel, où il est question de musée, d'architecture, de sculpture. Khatia Buniatishvili peut vraiment prendre le temps ici de développer son propos, de parler d'esthétique, de parler de sa vision du piano, de la musique et de Schubert, sujet de son dernier album

Et finalement, les meilleures interviews d'elles sont celles qui la laissent jouer du piano donc... les concerts. Voici Ständchen, de Schubert, transcrit par Liszt.